Le gouvernement a confirmé ce matin son scénario d’un retour de la croissance à 1 % en 2027, malgré une inflation encore attendue à 1,8 %, à condition que les Français « fassent enfin un petit effort de consommation sur l’argent qu’ils n’ont pas ». Une hypothèse jugée « sérieuse et prudente » par Bercy, qui estime la reprise possible si chaque ménage accepte de dépenser 184 euros de plus par mois sans regarder son compte.

« On a longtemps cru que la consommation dépendait du revenu disponible, c’est une vision datée », explique un économiste du ministère. « Aujourd’hui, il faut sortir d’une logique défensive. Si les gens n’ont pas d’argent, ce n’est pas forcément une raison pour ne pas le dépenser. À un moment, il faut aussi envoyer un signal aux marchés. » Selon une note interne consultée par notre rédaction, l’exécutif miserait désormais sur « une mobilisation du découvert autorisé » ainsi que sur « une meilleure valorisation des envies d’achat reportées depuis 2019 ».

De sources concordantes, plusieurs pistes seraient déjà à l’étude pour soutenir ce rebond, parmi lesquelles un « Prêt croissance foyer » permettant d’emprunter jusqu’à 3 000 euros pour acheter immédiatement des biens jugés stimulants pour le PIB, comme un canapé d’angle, une friteuse sans huile ou un deuxième abonnement de plateforme « pour fluidifier la demande ». « Le pays ne peut pas rester bloqué parce que certains Français s’obstinent à vivre selon leurs moyens », estime la directrice de l’Observatoire de la dépense volontaire.

Invité ce matin sur une chaîne d’information, un conseiller ministériel a tenu à rassurer sur le caractère atteignable de l’objectif. « Un point de croissance, ce n’est pas la mer à boire. Il suffit que chacun fasse un geste simple : un petit écran, une paire de baskets, un week-end qu’il ne peut pas se permettre, et ça repart. » Bercy envisagerait déjà un second scénario, à 1,3 %, fondé cette fois sur l’achat panique de choses « au cas où ».

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