La Fédération nationale des verres doseurs a demandé ce lundi la création d’un seuil légal de mauvaise foi au-delà duquel l’expression « à vue d’œil » ne pourrait plus être reconnue comme une méthode de cuisine. Réunis en assemblée extraordinaire dans plusieurs tiroirs de cuisine, ses représentants disent faire face à une hausse continue des contournements d’usage, alors même que « des outils de mesure existent, sont propres et parfois même rangés juste à côté de la farine ». Selon une note interne consultée par notre rédaction, 62 % des recettes seraient désormais réalisées « au feeling », avec des pointes à 81 % dès qu’il est question de pâte à crêpes ou de gâteau au yaourt « un peu revisité ».

« On ne conteste pas l’intuition culinaire. Il y a un moment où l’on sait si ça manque de sel, très bien. Mais quand quelqu’un verse 40 cl de lait en disant ensuite : “j’ai mis ce qu’il fallait”, on n’est plus dans la cuisine, on est dans le roman national », explique le président de la fédération. Le texte proposé prévoit un barème progressif distinguant l’improvisation tolérable de la désinvolture volumétrique caractérisée. À partir de trois « à peu près » dans une même préparation, le cuisinier devrait soit sortir un verre doseur, soit assumer par écrit que son clafoutis repose sur « une sensation ».

De sources concordantes, un dispositif de contrôle pourrait également voir le jour dans les cuisines familiales, avec la création d’un certificat de sincérité pour les personnes affirmant « connaître les quantités de tête ». « On voit passer des gens qui disent “je fais toujours comme ça” et qui découvrent à la cuisson qu’ils ont fabriqué du ciment sucré », estime la rapporteure du groupe de travail. La fédération souhaite enfin que la mention « au jugé » soit interdite sur les fiches recettes tant qu’aucun juge n’a effectivement été consulté.

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