Alors que le streaming musical continue de s’imposer dans les usages et que plus de 80 % des écoutes se font désormais sans objet, Sonny Disque a réclamé ce matin que chaque album physique soit vendu avec sa propre chaîne hi-fi. Selon le président du label, cette mesure permettrait de « recréer un moment », mais aussi de remettre un peu de gravité dans une industrie où l’on peut désormais écouter douze albums en pliant du linge.

La rédaction a appris qu’un dossier de 148 pages avait été transmis aux distributeurs ainsi qu’au ministère de la Culture, avec un dispositif jugé « très simple » : un vinyle serait vendu avec une platine, deux enceintes, un meuble bas et, pour les éditions collector, un technicien capable de dire où se trouve l’entrée auxiliaire. « On ne peut pas continuer à sortir des albums qui finissent entre une playlist “détente” et un aspirateur robot », explique Gérard Ménard, directeur du pôle expérience sonore chez Sonny Disque. « Quand quelqu’un achète un disque, il doit être obligé de l’écouter. Sinon, à quoi bon avoir passé huit mois sur une intro de basse ? »

Le groupe assure que l’opération resterait accessible grâce à une formule d’entrée de gamme à 1 299 euros par album, câble compris. Une offre premium, baptisée Écoute totale, prévoirait également un fauteuil, une lampe tamisée et un voisin chargé de venir dire : « Ah oui, là on entend vraiment la production. » « Le streaming a supprimé beaucoup de choses essentielles, comme le fait d’attendre que quelqu’un retourne la face B », estime de son côté Nadine Pujol, consultante en nostalgie appliquée. Sonny Disque a enfin précisé travailler sur un nouveau format destiné aux célibataires : un EP vendu directement avec une personne chargée de demander le silence pendant le deuxième morceau.

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