Les « on se capte », « avec plaisir » et autres « faut vraiment qu’on déjeune » pourraient prochainement être requalifiés en formules de politesse non contractuelles, a appris la rédaction auprès de l’Observatoire des engagements conversationnels. Réunis depuis six mois autour d’une même table sans jamais parvenir à fixer la date de la réunion suivante, plusieurs spécialistes du lien social estiment que 87 % des promesses de retrouvailles prononcées à la sortie d’un verre, d’un couloir ou d’un ascenseur ne débouchent sur « aucun créneau, aucun message, parfois même pas un petit pouce ».

Pour mettre fin à cette zone grise, un collectif de linguistes, de DRH et de personnes « qui attendaient juste une réponse depuis avril » plaide pour un étiquetage clair des formules de sortie. « Il faut arrêter de laisser croire qu’un “on se fait ça vite” engage les deux parties devant le calendrier », explique Mireille Dargeon, présidente du Haut Conseil à la courtoisie floue. Selon le dispositif proposé, chaque expression devrait désormais comporter une mention de niveau d’intention, allant de « simple bruit social » à « volonté réelle sous réserve de fatigue ». Le très répandu « avec plaisir » serait ainsi aligné sur le « bien à vous » des mails, tandis que le « on déjeune quand tu veux » ne pourrait plus être utilisé sans ouverture simultanée d’un agenda partagé.

De sources concordantes, plusieurs entreprises testent déjà un système de pastilles verbales. Le « on se tient au courant » passerait en orange, le « chaud » en rouge faible, et le « grave » resterait non opposable faute de base juridique. « Avant, je rentrais chez moi avec un faux espoir et trois cacahuètes dans le ventre. Maintenant, quand quelqu’un me dit “avec plaisir, niveau 2”, je sais que je ne le reverrai jamais, et c’est plus propre », se félicite Loïc Varnet, cobaye volontaire. Un décret d’application pourrait enfin imposer, à partir de 2027, que tout « on se rappelle » soit suivi dans les 48 heures d’un silence officiellement homologué.

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