Au lendemain de la décision du Conseil constitutionnel validant les sanctions prévues par la loi anti-Airbnb, plusieurs propriétaires ont assuré qu’ils passeraient bien à la location longue durée, mais avec « un roulement un peu plus dynamique ». Dans plusieurs communes confrontées à la tension sur le logement, la rédaction a appris que des studios de 18 à 22 m² allaient désormais être proposés à l’année à 120 locataires différents, à raison de trois jours chacun, avec « bail moral reconductible selon l’humeur et la météo ».

« On s’adapte au cadre légal, il n’y a aucune volonté de contournement », assure le président du collectif Propriétaires mais souples. « Le législateur dit location à l’année, très bien. Nous allons louer toute l’année. Simplement, au lieu d’un occupant unique qui finit par s’attacher aux lieux, on préfère un modèle plus agile, avec valise cabine obligatoire et draps émotionnellement neutres. » Selon une note interne consultée par notre reporter, plusieurs bailleurs travaillent déjà sur un « calendrier de résidence principale tournante », avec créneaux de 72 heures, état des lieux en 11 minutes et remise des clés par lancer discret depuis le balcon.

Du côté du secteur, on parle déjà d’un « compromis responsable entre rentabilité et fiction locative ». Une agence propose une formule « T2 citoyen » permettant à 84 locataires annuels de se relayer sans jamais créer de lien avec la boîte aux lettres. « Le vrai problème avec un locataire classique, c’est qu’au bout d’un moment il met une plante, puis une étagère, et là on perd complètement l’esprit de passage », déplore une consultante en optimisation résidentielle.

Interrogé sur la faisabilité du dispositif, un juriste mandaté par plusieurs copropriétés se veut rassurant : « Tant qu’il y a une brosse à dents différente tous les trois jours, on reste sur quelque chose de mobile. » Les propriétaires étudient déjà une seconde piste consistant à déclarer leur studio comme une colocation annuelle de personnes qui ne se croiseront jamais.

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