Le tribunal des usages domestiques a été saisi ce lundi par un collectif de vêtements laissés « pour demain », qui réclame la création d’un statut intermédiaire entre propre et sale. Selon les premières pièces versées au dossier, près de 7,4 millions de pantalons, pulls et chemises resteraient chaque semaine bloqués sur des chaises, des accoudoirs ou un coin de lit, sans aucune reconnaissance administrative. Une situation que la Fédération nationale des penderies temporaires qualifie de « zone grise du textile ».

Dans leur requête, les vêtements concernés demandent l’ouverture d’une troisième case officielle afin de ne plus être renvoyés arbitrairement vers l’armoire ou le panier à linge. « On a été portés deux heures pour descendre acheter du pain, faut arrêter de nous faire passer d’un coup pour du nucléaire », explique le porte-parole du Syndicat autonome du pull déjà remis une fois. Le collectif dénonce également des conditions d’attente dégradées, avec des séjours prolongés sur dossier de chaise, parfois jusqu’à cinq nuits consécutives, sans cintre, sans pli cohérent et avec une manche qui touche par terre.

De sources concordantes, le tribunal envisagerait déjà la mise en place d’une mention « portable sous réserve » ainsi qu’un macaron beige « encore valable », apposé après inspection visuelle rapide. « Il faut sécuriser les parcours. Aujourd’hui, un tee-shirt peut être considéré comme propre à 22 h 14 et sale à 22 h 16 simplement parce qu’il a passé la nuit sur un fauteuil, ce n’est pas sérieux », estime une experte agréée en circulation domestique. En attendant la décision, plusieurs organisations de penderie ont appelé les citoyens à ne plus empiler plus de trois jeans « pour demain » au même endroit, afin d’éviter leur requalification immédiate en « tas ».

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