Deux mois après un nouvel effondrement dans un quartier du centre-ville, la municipalité a annoncé l’ouverture d’une grande concertation destinée à déterminer si la présence d’un bâtiment au sol devait, ou non, être interprétée comme un signal faible. Selon les premiers éléments du dispositif, un comité de 18 personnes, un cabinet extérieur et trois tables rondes thématiques devront remettre un avis d’ici au printemps 2027. De sources concordantes, la rédaction a appris qu’une première réunion de cadrage avait déjà permis de retenir plusieurs hypothèses, parmi lesquelles « incident isolé », « gravité intermédiaire » et « verticalité contrariée ».

Invité ce matin sur une radio locale, le directeur adjoint de la mission municipale d’observation du bâti a appelé à « ne pas confondre vitesse et précipitation ». « Quand un immeuble tombe, l’émotion pousse à parler tout de suite d’effondrement. Or un bâtiment par terre, ça peut vouloir dire beaucoup de choses. Ça peut être un effondrement, bien sûr, mais aussi une nouvelle configuration de l’espace urbain. Nous, on veut objectiver », explique-t-il. Le responsable précise qu’une grille de lecture en 42 critères est en cours d’élaboration afin de distinguer un simple affaissement « ressenti » d’un effondrement « caractérisé par expertise ».

Sur place, plusieurs habitants disent attendre des réponses plus concrètes. « Ça fait deux mois qu’on nous demande si on a trouvé ça inquiétant sur une échelle de 1 à 10. Moi, quand le mur n’est plus là, j’ai tendance à mettre 9, mais on m’a dit qu’il fallait nuancer », rapporte une riveraine. La municipalité assure de son côté vouloir associer pleinement les habitants à la définition même du sol. Un atelier participatif doit ainsi être organisé la semaine prochaine pour déterminer à partir de combien de gravats un immeuble commence officiellement à manquer.

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