Le projet de mégaferme de saumons autorisé cette semaine dans une commune du Sud-Ouest a finalement reçu le feu vert de la préfecture après plusieurs mois de débats, l’État ayant estimé qu’un bassin industriel couvert présentait des garanties de naturalité supérieures à celles de l’océan. Selon le document consulté par notre rédaction, la mer resterait « un milieu encore trop instable, trop salé et insuffisamment encadré administrativement » pour permettre aux poissons de se développer sereinement. L’installation doit accueillir à terme 220 000 saumons dans un environnement décrit comme « plus lisible que la nature », avec filtration, lumière réglable et horaires fixes.

Invité ce matin à défendre la décision, le directeur adjoint de cabinet de la préfecture a salué « une avancée importante vers un saumon durablement éloigné de tout écosystème ». « Dans la mer, vous avez des courants, des algues, d’autres poissons, enfin c’est un peu n’importe quoi. Là, au moins, le saumon sait où il est, il a une température constante et un référent de bassin », a-t-il expliqué. De sources concordantes, plusieurs services de l’État auraient également jugé rassurant que les poissons puissent évoluer « à proximité immédiate d’un parking et d’une zone logistique », deux éléments encore trop rares dans leur habitat d’origine.

Les opposants au projet dénoncent une nouvelle étape dans l’industrialisation de l’alimentation. Un argument balayé par un consultant missionné sur le dossier. « On nous parle de retour à la nature, mais la nature, concrètement, n’a jamais produit un seul formulaire Cerfa. À un moment, il faut vivre avec son temps », estime-t-il. La rédaction a enfin appris qu’une réflexion était déjà engagée sur un second site consacré à la réintroduction du saumon sauvage en milieu totalement artificiel, « pour éviter qu’il ne reprenne de mauvaises habitudes une fois relâché ».

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