Le ministère du Logement a confirmé ce matin qu’un appartement chauffé à l’électricité pouvait consommer sensiblement moins d’énergie à condition de modifier correctement le tableur qui sert à le mesurer. Selon des projections transmises à la rédaction, près de 125 000 logements locatifs devraient ainsi cesser d’être des passoires thermiques d’ici à 2027, sans travaux, sans isolation et, dans la plupart des cas, sans même fermer la fenêtre de la cuisine.

Invité ce matin à détailler la réforme du diagnostic de performance énergétique, le directeur adjoint de l’habitat, Alain Mercœur, a salué une mesure « de bon sens administratif ». « Pendant des années, on a demandé à des logements d’être mal classés alors qu’il suffisait de déplacer deux colonnes et de renommer un onglet. L’électricité a beaucoup souffert d’une mise en page défavorable », a-t-il expliqué, en présentant une capture d’écran où la case « très énergivore » avait été remplacée par « à potentiel ». De sources concordantes, plusieurs préfectures auraient déjà commandé des souris neuves pour accompagner la transition énergétique.

Dans les cabinets de diagnostic, la nouvelle a été accueillie avec soulagement. « Avant, il fallait annoncer à un propriétaire que son studio de 14 m² perdait 80 % de sa chaleur par le plafond. Désormais, on lui dira surtout que le fichier a été mis à jour. C’est plus propre, et ça évite les devis », se félicite Karine Villedieu, présidente du Syndicat national des évaluateurs qui ouvrent puis referment des fenêtres.

Le gouvernement assure qu’il ne s’agit pas d’un simple ajustement comptable, mais d’une « réconciliation entre le logement et son tableau ». Un groupe de travail planche déjà sur une seconde étape consistant à améliorer l’isolation des bâtiments en passant tous les murs en police Arial 12, « pour une lecture thermique plus fluide », précise le ministère.

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