Alors que le projet d’extension des infrastructures aéroportuaires autour de Paris continue d’avancer malgré les réserves d’élus et d’associations environnementales, la rédaction a appris qu’un nouveau dispositif devait permettre de limiter l’artificialisation des sols : garer les avions sur plusieurs étages. Présentée comme une « solution de densification aéronautique », la mesure prévoit la création de parkings à appareils pouvant accueillir jusqu’à quatre niveaux de moyen-courriers et deux de gros-porteurs, selon un document de travail consulté par notre reporter.

« Pendant des années, on a pensé l’avion à plat, un peu comme une voiture très large avec des ailes. Il fallait sortir de ce schéma », explique Bruno Lavergne, ingénieur chargé de l’optimisation verticale du dossier. « Si on peut empiler des palettes, des archives et des studios étudiants, il n’y a aucune raison de ne pas superposer un A320 au-dessus d’un autre A320. » Selon lui, un système de rampes, d’ascenseurs à fuselage et de cales escamotables permettrait de « monter les appareils tranquillement, sans ajouter de stress à des pilotes qui ont déjà leur petit planning ».

Du côté des promoteurs du projet, on insiste sur le gain environnemental immédiat. « Un avion rangé en hauteur, c’est autant de prairie qu’on n’a pas besoin de recouvrir de bitume », estime Nadège Perrin, porte-parole d’un observatoire de la mobilité. Le dispositif inclurait également un étage réservé aux vols en retard, afin d’éviter qu’ils ne roulent inutilement au sol à la recherche d’une place. Plusieurs élus locaux demandent toutefois des garanties sur le bruit, certains riverains redoutant désormais un décollage depuis le troisième étage « juste au-dessus de la terrasse ». De sources concordantes, une seconde phase du projet envisagerait déjà des avions pliables les jours de forte affluence.

PartagerWhatsAppFacebookBluesky
Emplacement publicitaire

Dans la même rubrique

Ailleurs dans le journal