Réunies en collectif depuis lundi, plusieurs multiprises ont demandé à être intégrées comme colocataires à part entière sur les baux des studios qu’elles alimentent déjà quotidiennement. Estimant assurer depuis des années une mission d’accueil électrique dans des logements de 12 à 18 m², elles réclament l’ouverture rapide d’une concertation avec bailleurs, fabricants et syndics afin d’obtenir un statut, une ligne dédiée sur l’état des lieux et, pour les modèles les plus sollicités, l’accès à une cave.

Selon les premiers éléments transmis à notre rédaction, certaines multiprises hébergeraient jusqu’à neuf appareils dans une seule pièce, sans fenêtre, sans aération et avec un simple interrupteur pour toute reconnaissance institutionnelle. « On prend tout le monde : la box, la lampe, le chargeur, le ventilateur, parfois même l’appareil à raclette en dépannage, et derrière on nous appelle juste “la prise derrière le canapé” », déplore une porte-parole du collectif. Cette dernière estime que l’effort d’hébergement est aujourd’hui « porté à bout de câble » par des équipements auxquels on demande de cohabiter « avec des adaptateurs étrangers qui n’ont même pas été présentés ».

Dans les petits logements, la situation serait devenue intenable. « Il y a des studios où la multiprise est objectivement le meuble principal », explique un expert en cohabitation domestique. D’après lui, 73 % des appareils branchés ne sauraient même plus dire sur quelle prise murale ils vivent réellement. Plusieurs multiprises demandent désormais une quote-part sur la caution, le droit de refuser un dixième occupant et la possibilité d’être mentionnées en « hébergement énergétique meublé » sur les annonces.

De sources concordantes, les premières négociations achopperaient toutefois sur la question des rallonges, qui souhaitent de leur côté être reconnues comme couloirs communs et réclament déjà des charges séparées.

PartagerWhatsAppFacebookBluesky
Emplacement publicitaire

Dans la même rubrique

Ailleurs dans le journal