Le gouvernement a confirmé ce matin l’homologation des premiers robots de livraison autonomes, à condition qu’ils déposent d’abord un dossier papier de 148 pages en trois exemplaires, dont un relié et un autre « sans trombone métallique ». Selon nos informations, cette nouvelle étape doit permettre de passer « de l’expérimentation à l’industrialisation » tout en s’assurant que les engins disposent bien « d’une connaissance minimale de la procédure française ». La rédaction a appris que chaque robot devra également fournir une photocopie de sa notice d’utilisation, un justificatif de domicile de son entrepôt et une attestation sur l’honneur certifiant qu’il ne roule pas « dans une logique de précipitation ».

« On ne peut pas laisser circuler n’importe quelle machine sans vérifier qu’elle sait attendre au guichet », explique un directeur adjoint d’un bureau national de l’innovation à formulaire. « Un robot capable de livrer des sushis en douze minutes doit aussi être capable de retrouver la page 86 quand on lui demande la page 12, sinon on va trop vite. » D’après le décret consulté par notre reporter, l’engin devra remplir lui-même les parties manuscrites du dossier, en lettres capitales, avant de prendre rendez-vous sur une plateforme en ligne qui ne reconnaît pas les roues comme mode de déplacement.

Dans les entreprises du secteur, plusieurs acteurs saluent une « clarification bienvenue ». « C’est un progrès », estime une responsable conformité d’une société du secteur. « Avant, notre robot traversait la ville tout seul. Maintenant, il fait d’abord six allers-retours à la préfecture, c’est plus rassurant pour tout le monde. » Un premier prototype aurait déjà été refusé pour avoir agrafé son certificat de navigation au mauvais endroit. Le ministère a précisé qu’un groupe de travail se penchait désormais sur la création d’un robot spécialement chargé de faire la queue pour les autres robots.

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