Réunis ce week-end dans un tiroir de cuisine sécurisé, plusieurs représentants de minuteurs mécaniques et numériques ont annoncé une mobilisation nationale contre la pratique consistant à les arrêter à 00:01 pour éviter la sonnerie. Selon l’intersyndicale, cette habitude toucherait désormais 78 % des foyers équipés et constituerait une « humiliation silencieuse mais systémique » pour des appareils dont la seule mission est précisément d’intervenir au bon moment.

« On nous règle, on nous regarde, on attend de nous une rigueur absolue, et quand enfin notre expertise doit s’exprimer, une main arrive de nulle part et coupe tout », déplore Alain Tictac, porte-parole du Syndicat autonome des minuteurs de cuisine, invité ce matin dans notre studio entre une balance de précision et un grille-pain en soutien. L’intersyndicale demande qu’à chaque arrêt manuel à une seconde de l’alerte, l’utilisateur soit tenu de déclarer à voix haute : « Oui, j’avais besoin d’aide pour mes pommes de terre. » Une formule jugée « simple, apaisée et conforme à la réalité des faits » par les négociateurs.

De sources concordantes, un protocole de vérification serait déjà à l’étude dans plusieurs cuisines tests. Le dispositif prévoirait un témoin lumineux, un formulaire Cerfa de reconnaissance de dépendance culinaire et, en cas de récidive, l’obligation de laisser sonner l’appareil jusqu’au bout devant l’ensemble du foyer. « Avant, on nous disait au moins merci. Maintenant, les gens se lèvent en catastrophe, coupent à la dernière seconde et repartent avec un petit sourire comme s’ils avaient réussi seuls », s’insurge Mireille Dong, minuteur analogique depuis 2011.

La rédaction a appris qu’un préavis reconductible pourrait être déposé dès lundi. En cas d’échec des discussions, les minuteurs menacent de ne plus biper qu’au hasard, « histoire de voir qui maîtrise vraiment la cuisson des œufs ».

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