Les notices de meubles en kit ont demandé ce lundi l’ouverture d’une médiation nationale, après des années passées à être froissées, soupirées puis abandonnées sur le tapis du salon dès la deuxième vis. Selon le Syndicat autonome des documents de montage, 78 % des notices ne dépasseraient jamais l’étape du « petit schéma avec la planche B », tandis que 64 % seraient accusées de « mal expliquer les choses » sans avoir été lues au-delà du rabat central. De sources concordantes, fabricants, consommateurs et associations de bricolage du dimanche doivent désormais se retrouver autour de la table pour fixer un socle minimal d’écoute avant tout assemblage improvisé.

« On nous déplie une fois, on nous regarde de travers, puis monsieur décide que l’étagère se montera à l’intuition, avec la clé Allen entre les dents. Procéduralement, ce n’est plus tenable », explique Alain Virot, porte-parole du syndicat, qui réclame la présence d’un médiateur assermenté dans chaque salon au-delà de 12 pièces numérotées. Le dispositif, baptisé « Parlez d’abord à votre notice », prévoit un temps d’écoute obligatoire de 7 minutes 30 avant tout geste d’humeur, ainsi qu’un droit de réponse pour les schémas en perspective, souvent qualifiés d’« agressifs » ou de « pas clairs du tout ».

Les fabricants se sont dits ouverts à la discussion, à condition que les notices cessent de « prendre un air supérieur avec leurs bonshommes sans visage ». « Notre client type ouvre le carton à 22 h 17 un dimanche, il a déjà perdu une vis et il pense que la planche 4 est la planche 6 parce qu’il est fatigué. Il faut tenir compte de cette réalité humaine », estime Maud Lecerf, directrice du dialogue papier chez un grand fabricant. La médiation devrait également aborder le cas des sachets de quincaillerie, qui demandent pour leur part qu’un traducteur soit présent lorsque quelqu’un affirme, sans preuve, qu’« il reste forcément des pièces à la fin ».

PartagerWhatsAppFacebookBluesky
Emplacement publicitaire

Dans la même rubrique

Ailleurs dans le journal