Alors que la Cour des comptes s’alarme de la baisse du nombre de femmes parmi les préfets, l’exécutif a annoncé ce matin la création d’un comité interministériel 100 % masculin chargé de réfléchir à une féminisation « plus efficace » du corps préfectoral. Réunie en urgence à Matignon, la cellule comptera 14 hommes, 2 tableaux Excel et, selon nos informations, un PowerPoint intitulé « Comment remettre des femmes sans trop bousculer l’organigramme ».

D’après un premier document de travail consulté par notre rédaction, le gouvernement souhaite « traiter le sujet avec gravité, méthode et voix grave ». Le comité sera présidé par Arnaud Delmas, haut fonctionnaire fictivement rassurant, qui estime que « la parité, c’est important, mais il faut déjà qu’on se voie entre nous pour savoir ce qu’on pense des femmes préfètes, sinon on part dans tous les sens ». Même ligne chez Jean-Eudes Varnier, conseiller spécial au ministère de l’Intérieur, qui précise que les réunions se tiendront « entre 7 h 30 et 8 h, un horaire très inclusif sur le papier ».

Selon une note de cadrage, plusieurs pistes sont déjà à l’étude, parmi lesquelles la création d’un « vivier de femmes disponibles », un simulateur de préfète sur intranet et la nomination symbolique d’une femme à la tête d’un département « pour voir comment ça se passe en conditions réelles ». « On ne veut pas faire de la parité brutale », tempère Rémi Castelin, rapporteur du comité. « L’idée, c’est d’avancer progressivement, comme on l’a fait pour la visioconférence ou les gourdes en inox. »

De sources concordantes, un second comité, lui aussi 100 % masculin, devrait être installé dans les prochains jours pour comprendre pourquoi le premier ne comprend aucune femme. Selon un proche du dossier, l’exécutif n’exclut pas d’y associer une femme « en phase de test, mais plutôt en fin de réunion ».

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