Réuni depuis lundi en collectif intermarques, un groupe de télécommandes a saisi les autorités de la consommation pour faire reconnaître le « prends, toi, ça marchera mieux » comme un transfert abusif de responsabilité technique au sein du foyer. Selon le texte remis à la rédaction, cette pratique consiste à faire porter à un tiers l’entière charge d’un dysfonctionnement lié, dans la plupart des cas, à un mauvais angle de visée, à des piles « présentes mais sans conviction » ou à une pression répétée sur le même bouton « pour voir ».

Le collectif, qui dit représenter 78 % des zapettes de salon, demande l’ouverture d’une concertation avec fabricants, utilisateurs et médiateurs familiaux. « À partir du moment où on me tape trois fois sur la cuisse avant de me donner à quelqu’un d’autre, on n’est plus dans l’usage normal mais dans la panique organisée », estime la porte-parole du Syndicat autonome des dispositifs à pile courte. De sources concordantes, plusieurs modèles affirment être régulièrement accusés de « ne pas vouloir » fonctionner, avant de voir le problème disparaître dès qu’un autre membre du foyer pointe enfin l’appareil vers le téléviseur plutôt que vers une plante verte.

Un projet de protocole prévoit déjà la mise en place d’un délai de carence de 12 secondes avant toute transmission à un tiers, ainsi qu’un formulaire de décharge mentionnant l’état des piles, la distance canapé-écran et le nombre exact d’appuis nerveux effectués. « On veut simplement sortir de cette zone grise où l’objet est fautif jusqu’à preuve du contraire », explique un consultant en interfaces domestiques, qui évoque aussi la création d’un bouton témoin chargé d’afficher le message suivant : « non, c’est toujours toi ». À ce stade, plusieurs fabricants se disent ouverts au dialogue, tout en rappelant qu’un mode d’emploi de 84 pages était fourni depuis le début.

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