Le gouvernement argentin a confirmé ce lundi la mise en place d’un formulaire de 14 pages destiné à déterminer si un voyageur étranger a réellement diffusé un « message de haine » contre le pays ou s’il s’est simplement montré réservé sur le maté, les empanadas ou la durée de certains solos de bandonéon. La rédaction a appris que ce document, baptisé « Annexe 7 bis d’appréciation affective du territoire », sera désormais remis à toute personne ayant un jour écrit « bof » à propos de l’Argentine sur internet.

Selon une note du ministère de l’Intérieur consultée par notre reporter, le formulaire doit permettre de distinguer « l’hostilité caractérisée envers la nation » de « l’agacement ponctuel face à une boisson chaude servie dans une courge ». Parmi les questions retenues figurent notamment : « Avez-vous déjà qualifié le maté de soupe à l’herbe ? », « Dans quel contexte avez-vous employé l’expression “pas fou non plus” en parlant de la capitale ? » ou encore « Votre commentaire sur l’équipe nationale relevait-il du sport, de la jalousie ou d’une haine plus globale du drapeau ? ». Un barème de 0 à 12 a été prévu, avec un malus automatique de 3 points pour toute comparaison avec un pays voisin faite après 23 heures.

« On avait besoin d’un outil clair », explique Ramiro Beltrán, directeur du Bureau national de la susceptibilité frontalière. « Quelqu’un peut très bien dire qu’il n’aime pas le maté sans vouloir détruire la République. En revanche, s’il ajoute que ça sent le gazon mouillé et qu’il préfère largement un cappuccino, là, il faut regarder de plus près. »

De sources concordantes, un second document de 22 pages serait déjà à l’étude afin d’évaluer si un soupir au contrôle des passeports constitue une critique administrative ordinaire ou « une attaque coordonnée contre l’âme argentine ».

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