Alors que plusieurs enseignes européennes mettent en avant la seconde main, un centre commercial d’Europe du Nord a décidé d’aller au bout de la logique en n’acceptant plus, à compter de lundi, que des clients déjà portés au moins une fois. La direction assure vouloir « rester cohérente avec son positionnement anti-neuf » et précise qu’un visiteur arrivé sans la moindre trace d’usure pourra être invité à faire un tour dehors, « vivre un peu », avant de revenir.

Dans les allées du complexe, rebaptisées pour l’occasion « rayons d’occasion », les agents d’accueil sont désormais chargés d’évaluer le niveau d’ancienneté des consommateurs selon plusieurs critères : semelles fatiguées, manteau qui bouloche, regard légèrement absent et capacité à dire « avant, c’était une mercerie » en moins de trente secondes. « Un client neuf, ça consomme mal. Ça hésite, ça compare, ça demande où sont les toilettes. Nous, on cherche des profils déjà un peu détendus par l’existence », explique le directeur du site. Selon un document interne consulté par notre rédaction, les habitués bénéficieront d’une file prioritaire, d’un fauteuil près du chauffage et d’un programme de fidélité reposant non plus sur les achats, mais sur le nombre d’années de lassitude accumulées.

Le centre prévoit également d’ouvrir, dès l’automne, un atelier de « pré-vie » destiné aux visiteurs jugés trop récents. Moyennant 12 euros, ils pourront y user un jean sur du mobilier municipal reconstitué, apprendre à soupirer devant une vitrine sans intention d’entrer, ou raconter un déménagement pénible à un inconnu. « On ne ferme la porte à personne, on demande juste un minimum de vécu », tempère la responsable de la transition commerciale. La direction n’exclut pas, à terme, de remplacer les cartes cadeaux par des objets directement oubliés sur place, « pour éviter l’achat impulsif d’un souvenir neuf ».

PartagerWhatsAppFacebookBluesky
Emplacement publicitaire

Dans la même rubrique

Ailleurs dans le journal